
En bref : le validateur de nommage BIMsmarter est une page publique qui contrôle une liste de noms de fichiers contre quatre référentiels (CRTI-B Luxembourg, ISO 19650 générique, ADEB-VBA Belgique, BIM Basis ILS Pays-Bas). Il accepte trois séparateurs, sait déduire la convention réellement appliquée à partir de noms existants, et ne demande ni compte ni adresse mail. Tout le traitement se fait dans le navigateur : aucun nom de fichier n'est transmis à un serveur.
Pourquoi vérifier une convention de nommage à l'oeil ne tient pas au-delà de 50 fichiers ?
Sur les vingt premiers fichiers, la vérification manuelle fonctionne. Vous repérez le champ discipline qui manque, le numéro de niveau écrit RDC chez l'un et 00 chez l'autre, le tiret bas remplacé par un tiret haut au troisième champ. Au-delà de cinquante, votre cerveau commence à lire ce qu'il s'attend à voir plutôt que ce qui est écrit, et c'est exactement là que les erreurs passent. Sur un export de CDE de projet moyen au Luxembourg, on parle rarement de cinquante lignes : on parle de plusieurs centaines, réparties entre cinq ou six émetteurs qui n'ont pas tous lu le BEP avec la même attention.
Le coût de l'erreur n'apparaît pas au moment du contrôle. Il apparaît trois mois plus tard, quand le maître d'ouvrage refuse une livraison parce que la moitié des documents ne se classent pas automatiquement dans son CDE, ou quand un filtre par phase renvoie une liste incomplète parce que le champ Phase a été rempli tantôt 03 tantôt PH3. La convention de nommage est une des rares exigences ISO 19650 dont le non-respect se voit immédiatement en réunion, et une des rares qu'on peut contrôler intégralement par machine.
C'est le raisonnement qui a donné cette page. Un contrôle de nommage n'a pas besoin d'un compte, d'un abonnement ou d'un serveur : la règle est déterministe, le calcul tient dans le navigateur, et l'outil doit se partager par simple lien à un dessinateur externe qui n'a rien à voir avec BIMsmarter.
Comment valider une liste de noms en trois réglages ?
La page tient en une seule vue, servie sans dépendance serveur, et le parcours complet se règle en trois choix. Premier réglage, le référentiel : vous indiquez quel cadre s'applique à votre projet, CRTI-B Luxembourg étant proposé par défaut parce que c'est le cas le plus fréquent sur le marché luxembourgeois. Deuxième réglage, le séparateur : trois sont pris en charge, le tiret bas, le tiret haut et le point, parce que les trois circulent réellement dans les BEP du Benelux et qu'imposer le tiret bas reviendrait à recaler d'office les projets qui ont tranché autrement.
Troisième réglage, l'entrée des données. Vous collez directement une liste de noms depuis un tableur ou depuis l'explorateur de fichiers, ou vous chargez un fichier. Un export de registre de documents sorti d'un CDE fonctionne tel quel, sans nettoyage préalable. Le rapport sort dans la foulée : chaque ligne conforme, chaque ligne en écart, et pour chaque écart le champ qui pose problème plutôt qu'un simple verdict rouge.
C'est cette dernière partie qui compte en usage réel. Savoir que 78 lignes sur 340 sont non conformes ne sert à rien si vous devez ensuite ouvrir chacune pour comprendre pourquoi. Savoir que 61 d'entre elles ont un champ Discipline vide et que les 17 autres ont un Numéro à trois chiffres au lieu de quatre vous donne deux corrections de masse au lieu de 78 corrections unitaires.
Quels référentiels de nommage sont couverts ?
Quatre référentiels sont embarqués, chacun avec sa propre structure de champs. Le tableau ci-dessous est celui à garder sous la main quand un projet transfrontalier vous demande de basculer d'un cadre à l'autre.
| Référentiel | Portée | Structure de champs attendue |
|---|---|---|
| CRTI-B Luxembourg (par défaut) | Marché luxembourgeois, projets publics et privés alignés GID | Projet, Phase, Émetteur, Zone, Niveau, Type, Discipline, Numéro, puis Indice, Révision et Statut en option |
| ISO 19650 générique | Projets internationaux sans cadre national imposé | Projet, Émetteur, Volume ou système, Niveau, Type, Discipline, Numéro |
| ADEB-VBA Belgique (simplifié) | Projets belges suivant le protocole ADEB-VBA | Projet, Émetteur, Discipline, Type, Niveau, Numéro |
| BIM Basis ILS Pays-Bas (simplifié) | Projets néerlandais, ou équipes NL sur un projet BeLux | Projet, Discipline, Type, Niveau, Numéro |
Les deux derniers sont volontairement simplifiés. Ils couvrent la structure de base réellement contrôlable sur un nom de fichier, pas l'intégralité des annexes documentaires de chaque protocole. Sur un projet belge exigeant une conformité ADEB-VBA complète, le validateur vous dit si la structure tient, il ne remplace pas la lecture du protocole.
La structure CRTI-B, champ par champ
Onze champs, dont huit obligatoires et trois optionnels. C'est la partie que la plupart des équipes recopient de projet en projet sans jamais l'avoir relue en entier, alors voici ce que chacun porte.
- Projet : le code court du projet, fixé une fois pour toutes dans le BEP. C'est le champ le plus stable et pourtant celui qui varie le plus entre le pilote et les sous-traitants arrivés en cours de route.
- Phase : le jalon du projet, typiquement APS, APD, SOU, EXE ou EXPL au Luxembourg. Un champ Phase mal tenu casse tout filtrage chronologique dans le CDE.
- Émetteur : le code de l'organisation qui produit le document. Sur un groupement, c'est le champ qui détermine la responsabilité en cas de litige documentaire.
- Zone : le découpage spatial horizontal, bâtiment, aile, îlot ou lot selon le projet.
- Niveau : le découpage vertical. La règle non écrite qui fait le plus de dégâts : les niveaux doivent être triables alphanumériquement, donc 00 et non RDC, 01 et non R+1.
- Type : la nature du livrable, plan, coupe, schéma, modèle, note.
- Discipline : architecture, structure, techniques, génie civil, la maille qui pilote les revues de coordination.
- Numéro : l'identifiant séquentiel dans la série. Sa longueur doit être fixe, sinon le tri devient faux dès le passage de 99 à 100.
- Indice, Révision, Statut : les trois champs optionnels. Ils portent le cycle de vie du document plutôt que son identité. Beaucoup d'équipes les gèrent dans les métadonnées du CDE plutôt que dans le nom, et c'est un choix défendable tant qu'il est écrit dans le BEP.
Un point de méthode qui revient à chaque projet : la question n'est pas de savoir si votre convention est la bonne, elle est de savoir si elle est appliquée uniformément. Une convention maison cohérente vaut mieux qu'une convention CRTI-B appliquée à moitié.
Que faire quand personne ne sait quelle convention le projet applique ?
C'est la situation la plus courante sur un projet repris en cours de route. Le BEP existe, il décrit une convention, et les fichiers du CDE en appliquent une autre depuis six mois. Personne n'a menti : la convention du BEP était trop lourde, quelqu'un l'a allégée sur le terrain, et l'écart n'a jamais été documenté.
Le mode "Déduire la convention" traite exactement ce cas. Vous lui donnez des noms de fichiers existants, il reconstruit le masque réellement appliqué, champ par champ, avec le séparateur utilisé et la longueur constatée de chaque segment. Vous obtenez alors la seule information qui compte pour arbitrer : l'écart entre ce que le BEP prescrit et ce que le CDE contient.
À partir de là, la décision est de nature contractuelle et non technique. Soit vous alignez le CDE sur le BEP, ce qui suppose de renommer l'existant et de le tracer, soit vous mettez le BEP à jour pour acter la convention réelle. Les deux sont acceptables au regard de l'ISO 19650-2, l'inacceptable étant de laisser les deux documents se contredire jusqu'à la réception.
Pourquoi le traitement reste dans votre navigateur
Aucun nom de fichier n'est transmis, aucun compte n'est demandé, aucune adresse mail n'est collectée. Ce n'est pas un argument de confort, c'est la raison d'être de la page, et elle mérite d'être expliquée plutôt qu'affichée en badge.
Regardez ce que contient réellement un export de registre documentaire de CDE. Le nom du projet, souvent celui du client final. Le découpage en lots et en zones, qui dit la taille de l'opération et son phasage. Les codes émetteur de tous les membres du groupement, qui dit qui travaille avec qui. Les phases actives, qui disent où en est le chantier. Mis bout à bout, cela constitue une cartographie assez précise d'une affaire en cours, et c'est le genre de fichier que l'on dépose sans réfléchir dans le premier formulaire gratuit venu parce qu'on a un contrôle à faire dans l'heure.
Un outil gratuit qui demande une adresse mail avant de rendre un résultat vous a facturé, simplement pas en euros. Un outil gratuit qui vous fait téléverser un export de CDE sur un serveur dont vous ignorez la localisation vous a facturé bien plus cher. Le validateur ne demande rien parce qu'il n'a besoin de rien : la règle de contrôle est locale, le calcul est local, et votre liste ne sort pas de l'onglet. C'est ce qui permet de le partager à un collègue, à un sous-traitant ou à un maître d'ouvrage sans avoir à leur expliquer quoi que ce soit.
Et après, quand la liste est propre ?
Valider n'est que la moitié du travail. Une fois l'écart identifié, il faut produire les noms conformes, tenir le registre de ce qui a été attribué, et faire en sorte que la prochaine série sorte juste du premier coup. C'est le rôle du BIM Document Generator, qui génère les identifiants selon le même jeu de référentiels, tient le registre des numéros attribués, alimente le MIDP et importe vos données depuis un CSV ou un fichier Excel avec un mappage assisté des colonnes.
Depuis la mise en production d'août 2026, l'application embarque aussi un module de rédaction de BEP. Vous configurez la convention et vous rédigez le document qui l'impose au même endroit, ce qui supprime mécaniquement la divergence décrite plus haut entre le BEP et le CDE. Le détail de cette version est dans l'annonce des applications V2, et les autres articles du même cycle sont regroupés dans les ressources BIMsmarter.
Questions fréquentes sur le validateur de nommage
Le validateur est-il vraiment gratuit et sans inscription ?
Oui. C'est une page publique, accessible par simple lien, sans compte BIMsmarter, sans essai limité dans le temps et sans plafond de lignes. Aucun formulaire ne s'intercale avant le résultat.
Mes noms de fichiers sont-ils envoyés sur un serveur ?
Non. L'intégralité du contrôle s'exécute dans votre navigateur. Aucun nom, aucune liste et aucun fichier chargé ne transite vers un serveur BIMsmarter, ce qui vous permet de traiter un export de CDE réel sans passer par une validation de votre service informatique.
Quelle est la structure de nommage attendue par le CRTI-B ?
Huit champs obligatoires, Projet, Phase, Émetteur, Zone, Niveau, Type, Discipline et Numéro, complétés par trois champs optionnels, Indice, Révision et Statut. Le validateur contrôle la présence, l'ordre et la longueur de chaque segment selon le séparateur retenu.
Que faire si mon projet utilise une convention maison ?
Utilisez le mode "Déduire la convention" : il reconstruit le masque réellement appliqué à partir de vos noms existants. Vous pouvez ensuite contrôler le reste de votre liste contre ce masque déduit plutôt que contre un référentiel du marché.
Le validateur accepte-t-il un export de CDE brut ?
Oui, par collage direct ou par chargement de fichier, sans nettoyage préalable des colonnes. C'est le cas d'usage pour lequel la page a été écrite.
Un outil gratuit devrait rester gratuit sur toute la ligne
Le marché des petits outils BIM gratuits fonctionne presque toujours de la même façon : l'outil rend un vrai service, et le prix se paie en données, en adresse mail, ou en fichier déposé sur un serveur qu'on ne vous décrira jamais. Sur du nommage de fichiers, cette contrepartie est particulièrement mal placée, parce qu'un registre documentaire en dit long sur une affaire en cours et que le contrôle lui-même ne justifie aucun traitement distant.
Ma position est simple : sur un calcul qui tient dans le navigateur, demander une contrepartie relève du modèle économique, pas de la technique. Le validateur est en ligne, il traite quatre référentiels et trois séparateurs, il sait déduire une convention existante, et il ne vous demandera rien. Faites-le tourner sur votre prochain export de registre et dites-moi ce qu'il rate : c'est le genre de retour qui fait avancer un outil plus vite que n'importe quelle feuille de route.
À propos de l'auteur.
Renaud Climent est BIM Coordinator MEP, plus de 10 ans de terrain au Luxembourg et en Belgique. Cursus complet CRTI-B (Bases, Référent, Modeleur, Coordinateur), formé Solibri, BIMcollab et Revit MEP, certifié en IA. Fondateur de BIMsmarter.eu, il code ses propres outils pour automatiser les tâches BIM chronophages. Contact : contact@bimsmarter.eu